Un cambriolage, ce n’est pas seulement une télé qui disparaît. C’est une porte fracturée, des papiers fouillés, parfois un sentiment d’insécurité qui dure des mois. Et, très souvent, des surprises au moment d’appeler l’assurance : « ah mais cette fenêtre n’était pas équipée comme prévu », « cet objet n’est pas garanti à cette valeur », etc.
Pour éviter ça, il faut deux choses : comprendre le risque (les chiffres, les zones, les périodes) et savoir comment votre assurance habitation réagit derrière. C’est exactement ce qu’on va voir ensemble.
Pourquoi les chiffres des cambriolages vous concernent directement
Vous vous dites peut-être : « Dans mon quartier, il ne se passe rien », ou au contraire « Ici, on se fait tout le temps cambrioler ». Les deux perceptions peuvent être fausses… ou exagérées.
Les statistiques nationales permettent de :
- Mesurer le risque réel (et pas seulement ce qu’on entend au café du coin).
- Ajuster vos garanties : inutile de surpayer un contrat si votre risque est faible, mais dangereux d’être sous-assuré dans une zone sensible.
- Adapter vos habitudes : horaires, protections, vigilance pendant les vacances, etc.
En assurance, tout repose sur le rapport risque / coût. Savoir où vous vous situez permet de payer le « juste prix » et d’éviter de découvrir des trous dans la raquette après un sinistre.
Les derniers chiffres des cambriolages en France
Les données les plus récentes et fiables viennent du ministère de l’Intérieur et de l’Insee, via les statistiques de la délinquance enregistrée.
En résumé, en France métropolitaine :
- On compte plus de 200 000 cambriolages ou tentatives de cambriolage de logements par an.
- Après une baisse liée au Covid (confinements = logements occupés), les cambriolages sont repartis nettement à la hausse en 2022 et 2023.
- On est revenu sur un niveau proche, voire légèrement supérieur, à celui d’avant la crise sanitaire.
Si on ramène ça à une échelle plus parlante :
- En moyenne, cela représente un cambriolage ou une tentative toutes les 2 à 3 minutes en France.
- Le risque annuel moyen tourne autour de 6 à 8 logements cambriolés pour 1 000 logements, mais ce chiffre varie fortement selon la région, le type de logement et la zone (urbaine / rurale).
Autre donnée importante : tous les cambriolages ne sont pas déclarés. Certaines victimes ne portent pas plainte (petit vol, manque de confiance, démarches jugées contraignantes). Les chiffres officiels sous-estiment donc légèrement la réalité, même si, pour l’assurance, c’est la plainte qui déclenche l’indemnisation.
Où et quand a-t-on le plus de risques ?
Les statistiques montrent des tendances assez claires. Elles ne font pas tout, mais elles donnent de bons repères.
Les régions les plus exposées sont généralement :
- Île-de-France (forte densité, nombreux appartements, résidences secondaires peu occupées).
- Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), notamment sur le littoral, très touristique.
- Auvergne-Rhône-Alpes, surtout les grandes agglomérations.
Les zones moins exposées sont plutôt :
- Les régions rurales avec faible densité de population.
- Certaines petites villes avec peu de résidences secondaires.
Mais attention : dans ces zones, les cambriolages existent tout de même, et parfois les maisons sont plus isolées, donc plus vulnérables quand elles sont inoccupées.
Maisons ou appartements : qui est le plus exposé ?
Les chiffres montrent souvent un niveau de risque assez proche, avec des nuances :
- Les maisons individuelles sont très attractives l’été (jardins, ouvertures multiples, absence prolongée).
- Les appartements sont plus ciblés dans les grandes villes et banlieues, notamment les étages élevés peu visibles ou les rez-de-chaussée faciles d’accès.
Résidence principale vs résidence secondaire :
- En volume, ce sont surtout les résidences principales qui sont touchées (tout simplement parce qu’il y en a plus).
- En taux de risque, les résidences secondaires sont souvent plus vulnérables : inoccupées une bonne partie de l’année, volets fermés plusieurs semaines, peu de voisins permanents.
Quand les cambriolages ont-ils lieu ?
- En journée plus souvent qu’on ne le croit, notamment entre 14h et 17h : logements vides, enfants à l’école, adultes au travail.
- Les soirées et nuits restent également concernées, surtout pour les résidences secondaires ou quand les occupants sont en vacances.
- Côté saison, les pics se situent souvent :
- en été (juillet-août), pendant les grandes vacances ;
- autour des fêtes de fin d’année, notamment Noël / Nouvel An.
En clair : partir en vacances sans sécuriser son logement et sans vérifier ses garanties, c’est offrir un boulevard aux cambrioleurs… et aux mauvaises surprises avec l’assurance.
Ce que disent (vraiment) les contrats d’assurance habitation sur le vol
Face aux cambriolages, tout le monde compte sur son assurance habitation. Mais toutes les garanties vol ne se valent pas, loin de là.
En général, la garantie vol couvre :
- Le vol par effraction (porte forcée, fenêtre fracturée).
- Le vol par escalade ou par usage de fausses clés.
- Le vol avec violence ou menaces, parfois même en dehors du domicile selon les contrats.
- Les dégâts causés par les cambrioleurs (porte cassée, serrures, vitres, mobilier dégradé).
Mais il existe aussi des cas souvent exclus ou limités :
- Vol sans effraction visible (fenêtre laissée ouverte, porte non verrouillée).
- Vol commis par un proche vivant au foyer.
- Vol dans une dépendance (cave, garage, abri de jardin) : souvent garanti, mais avec plafond spécifique beaucoup plus bas.
Les assureurs sont très attentifs aux moyens de protection. Dans vos conditions particulières, on trouve parfois des mentions comme :
- « Porte d’entrée équipée d’une serrure 3 points ».
- « Volets fermés en cas d’absence prolongée ».
- « Coffre-fort fixé au mur ou au sol pour les objets de valeur ».
Si, au moment du cambriolage, ces dispositifs ne sont pas conformes à ce que vous avez déclaré, l’assureur peut :
- Réduire votre indemnisation.
- Appliquer une règle proportionnelle de prime (vous avez payé trop peu pour le niveau de risque réel).
- Dans des cas extrêmes, refuser la garantie pour fausse déclaration intentionnelle.
D’où l’importance de vérifier régulièrement que vos déclarations correspondent à la réalité : changement de porte, installation ou retrait de volets, ajout d’une alarme, transformation d’un garage en pièce de vie, etc.
Comment lire les statistiques pour ajuster vos garanties
Les chiffres nationaux donnent des tendances, mais ce qui compte pour vous, c’est votre profil de risque personnel. Posez-vous ces questions très concrètes :
- Où j’habite ? Zone rurale, petite ville, grande agglomération, quartier pavillonnaire, centre-ville ?
- Quel est mon type de logement ? Appartement en étage élevé, rez-de-chaussée, maison isolée, lotissement surveillé ?
- Mon logement est-il souvent inoccupé ? Horaires de travail, déplacements fréquents, résidence secondaire ?
- Quels biens je possède réellement chez moi ? Informatique, téléphones, bijoux, œuvres d’art, matériel pro, vélos haut de gamme…
En fonction de ça :
- Si vous êtes en zone à risque élevé (grande ville, quartier ciblé, résidence secondaire), il est souvent pertinent de :
- Augmenter les plafonds d’indemnisation pour le vol.
- S’assurer que les objets de valeur (bijoux, montres, œuvres d’art) sont bien déclarés, quitte à payer une surprime ciblée.
- Prévoir une franchise raisonnable (pas trop élevée, sinon vous supporterez seul une bonne partie de la perte).
- Si vous êtes en zone plus calme, une formule milieu de gamme peut suffire, mais :
- Ne négligez pas les dépendances (garage, cave, abri de jardin).
- Regardez la couverture pour le matériel de jardin, les vélos, les outils (souvent très ciblés par les voleurs).
Exemple concret :
Vous avez un VTT à 3 000 €, stocké dans votre garage non attenant. Le contrat prévoit un plafond de 1 500 € pour le vol dans les dépendances, et seulement 1 000 € par vélo. En cas de cambriolage, même parfaitement garanti, vous perdez 2 000 € de votre poche. Dans une zone où les vols de vélos explosent, ça vaut le coup de renégocier ce point.
Bonnes pratiques anti-cambriolage validées par les assureurs
Les chiffres montrent que les cambrioleurs cherchent avant tout des logements :
- Faciles d’accès.
- Peu protégés ou manifestement inoccupés.
- Avec des biens visibles ou repérables (cartons d’électroménager laissés devant la maison, vélos apparents, etc.).
Quelques mesures simples, souvent appréciées (et parfois exigées) par les assureurs :
- Renforcer les accès :
- Porte d’entrée avec serrure multipoints.
- Volets ou barreaux aux fenêtres facilement accessibles (rez-de-chaussée, cour arrière).
- Éclairage extérieur avec détecteur de mouvement.
- Sécuriser les dépendances :
- Cadenas solides, serrures adaptées.
- Pas de stockage d’objets de grande valeur dans des lieux très peu sécurisés.
- Limiter les signes d’absence :
- Faire relever le courrier.
- Programmer quelques lumières sur minuteries.
- Éviter d’annoncer en détail ses vacances sur les réseaux sociaux en temps réel.
- Protéger les biens les plus sensibles :
- Coffre-fort fixé pour les bijoux et papiers importants.
- Photos et factures des objets de valeur, conservées ailleurs (cloud, disque externe).
- Installer une alarme ou télésurveillance si le risque est élevé :
- Certaines compagnies d’assurance accordent une réduction de prime si le système est homologué.
- Dans des zones très exposées, l’alarme peut même être exigée dans le contrat pour avoir une bonne couverture vol.
L’idée n’est pas de transformer votre maison en bunker, mais de faire partie des logements que les cambrioleurs vont… laisser de côté.
Que faire le jour où ça vous arrive malgré tout
Même avec toutes les précautions, le risque zéro n’existe pas. En cas de cambriolage, la façon de réagir va peser sur le montant et la rapidité de l’indemnisation.
Les bonnes étapes :
- Sécuriser les lieux sans tout toucher :
- Ne pas ranger immédiatement, ne pas réparer la porte ou la fenêtre avant les constatations.
- Éviter de manipuler tout ce qui peut être une trace utile aux forces de l’ordre.
- Appeler la police ou la gendarmerie :
- Pour faire constater le cambriolage.
- Pour déposer plainte et obtenir un récépissé (indispensable pour l’assurance).
- Prévenir votre assurance :
- Le plus tôt possible, idéalement sous 2 jours ouvrés (regardez le délai exact dans votre contrat).
- Par téléphone, en ligne ou via votre agent, selon l’organisation de votre assureur.
- Préparer un inventaire précis :
- Liste détaillée des objets volés (marque, modèle, valeur approximative, date d’achat).
- Factures, photos, certificats, numéros de série si possible.
- Photos des dommages (porte fracturée, pièces retournées, etc.).
Ensuite, un expert mandaté par l’assurance peut venir :
- Vérifier les circonstances (effraction, protections existantes).
- Évaluer le montant des biens et des dégâts.
- Proposer une indemnisation sur la base des garanties : valeur à neuf, valeur d’usage, plafonds, franchises, etc.
Astuce importante : si vous avez beaucoup d’objets de valeur (bijoux, matériel hi-fi, collection, informatique, vélo haut de gamme…), le jour du sinistre n’est pas le moment idéal pour se rendre compte que vous n’avez aucune facture. Anticiper ce point peut vous faire gagner des milliers d’euros en cas de cambriolage.
À retenir pour mieux protéger votre logement et votre budget
Les cambriolages en France ne sont pas une légende urbaine : plus de 200 000 logements touchés chaque année, un niveau qui a retrouvé (voire dépassé) celui d’avant la crise sanitaire, des pics en été et pendant les fêtes, et des différences marquées selon les régions et le type de logement.
Face à ça, vous avez trois leviers :
- Comprendre votre niveau de risque réel : lieu, type de logement, fréquence d’occupation, valeur des biens.
- Ajuster votre contrat d’assurance habitation :
- Vérifier les garanties vol, les plafonds, la franchise.
- Regarder en détail ce qui est prévu pour les dépendances, les vélos, les objets de valeur.
- Mettre à jour vos déclarations dès que votre situation change.
- Renforcer, à votre niveau, la sécurité de votre logement :
- Accès (portes, fenêtres, volets), dépendances, coffre-fort.
- Organisation en cas d’absence (voisins, courrier, éclairage, discrétion sur les réseaux).
- Éventuellement alarme ou télésurveillance, surtout en zone exposée.
En combinant ces trois éléments, vous faites ce que les assureurs préfèrent : réduire le risque, plutôt que subir les conséquences. Et si le cambriolage survient malgré tout, vous avez au moins la certitude d’être correctement couvert, avec un contrat dont vous connaissez les forces, les limites… et les petites lignes.